Nous avons souhaité centrer notre TPE sur les jeunes et la politique et plus particulièrement sur l'engagement des jeunes en politique en étudiant ses origines, sa nature, et comment les jeunes sont poussés à s'engager.
D'où notre problématique : Quelles sont les spécificités de l'engagement des jeunes en politique ?
Pour notre étude, nous avons défini le mot jeune comme concernant les 16-25 ans.
La socialisation politique correspond à l'apprentissage de valeurs politiques ou plus précisement à l'acquisition de sa propre représentation du monde, c'est à dire d'une idéologie. Ce processus intervient dès le plus jeune âge et par l'action de différents agents socialisateurs.
Nous avons choisi d'étudier l'intervention de trois agents, qui nous paraissent être les plus influents sur ce point : Nous avons souhaité commencer par définir le mot « influence » pour mieux cadrer notre étude : L’influence s’exerce dans un espace compris entre la persuasion et la contrainte et a pour objectif de modifier le comportement d’une cible. Dans le cas de l’influence les individus ciblés agissent de leur plein grés, consciemment ou pas. L’influence exercée par la famille, les médias et l’école suppose des stratégies, intentionnelles ou non : l’imitation d’un modèle, la conviction grâce à une rhétorique efficace ou encore la coopération d'acteurs en vue d’une action commune sur l'opinion de l'influencé.
· la famille, la première instance de socialisation. C'est l'acteur le plus influent, l'individu étant immergé dans cet environnement fusionnel dès sa naissance.
· l'école qui inculque certaines valeurs, les professeurs
· les médias
Un sondage réalisé par l'IFOP montre donc que plus de 40 % des jeunes interrogés assurent que le programme des candidats comptera beaucoup dans leur vote, et seulement 14% attribuent à leurs parents l'influence primordiale qui guide leur choix.
Cette influence de la famille joue pourtant beaucoup dans la pensée politique des futurs adultes. D'après nos sources, la position gauche/droite des parents est déterminante. Ainsi, les jeunes dont les parents ne se situent ni vraiment à gauche ni vraiment à droite ont plus de chances de rester en retrait au niveau de la politique, tandis que ceux dont les parents ont des choix plus clairement affichés parviendront mieux à se situer dans la vie politique, grâce à cette transmission.
Cette transmission peut se faire de plusieurs manières :
· Au niveau du cocon familial lui-même par :
- des réactions ou commentaires des parents ou des proches sur des éléments politiques, la plupart du temps pas dans le but volontaire d'une inculcation,
- des discussions entre adultes entendues,
- et parfois même par l'affirmation des parents ou des proches de leur appartenance politique à leurs enfants.
· A un niveau plus étendu, plus à l'extérieur de la famille :
- par le choix des activités culturelles, des programmes TV,
- par les parcours scolaires
- par les fréquentations des parents.
Attachez-vous une grande importance à l'influence qu'exerce la famille sur la pensée politique des jeunes ?
Nous avons basé notre étude sur l'importance de la famille, de l'école et des médias dans la socialisation politique sur un sondage, que nous avons réalisé auprès de 100 élèves de notre lycée (Marc Chagall à Reims), âgés de 16 à 18 ans.
Bien entendu, ce sondage n'est pas forcément une source très fiable, ne respectant pas la méthode des quotas, qui permet de baser un étude sur un échantillon représentatif de l'ensemble étudié. Nous voulions cependant comprendre et avancer par rapport à notre problématique, en agissant à notre échelle.
Ce sondage comportait 6 questions : 1. Vous sentez-vous influencé par vos parents, votre famille et votre entourage sur votre opinion politique ? 2. Regardez-vous les informations à la télévision régulièrement (au moins 3 fois par semaine) ? 3. Lisez-vous un/des journaux d'information régulièrement ? 4. Ecoutez-vous les informations à la radio régulièrement (tous les matins/soirs ou une fois sur 2) ? 5. Vous sentez vous influencé par l'ensemble de ces informations sur votre rapport à la politique, vous aide-t-il à vous forger une opinion, à la modifier ? Ces informations vous font-elles réfléchir sur vos idées politiques ? 6. Avez-vous l'impression que l'école puisse exercer une quelconque influence sur votre orientation politique ? Voici nos résultats chiffrés : 1. 65% de oui 2. 71% de oui 3. 21% de oui 4. 63% de oui 5. 45% de oui 6. 45% de oui D'après ces résultats, nous avons pu nous faire une idée du regard que portent les jeunes sur l'évolution et la formation de leur opinion politique. 65% des jeunes interrogés reconnaîssent l'influence de leur famille et de leur entourage le rôle qu'ils jouent dans la formation de leur opinion politique. Nous avons pu constater que la majorité des jeunes de notre âge s'informent régulièrement de l'actualité grâce aux médias mais seulement 45%, c'est à dire moins de la moitié, admettent que les informations qu'ils reçoivent puissent agir sur leurs idées. La plupart disent pouvoir se détacher de ces informations et qu'elles ne les amènent donc pas spécialement à réfléchir sur leur opinion. Parmis les 63% des jeunes interrogés qui disent écouter les informations à la radio régulièrement, une grande partie précise qu'ils écoutent en même temps que leurs parents, le matin ou dans la voiture, que ce n'est donc pas un choix purement personnel. L'influence de la famille peut donc encore être visible avec ce détail. Concernant l'influence de l'école, moins de la moitié également lui octroie un rôle dans l'évolution de leur opinion politique. Peu pensent donc qu'uniquement le fait qu'ils se trouvent dans ce lycée, cotoyant un ensemble d'autres jeunes appartenant tous plus ou moins au même milieu social, peut orienter leurs idées. La plupart des interrogés ayant répondu "oui" accordent une influence au discours de certains professeurs et quelque fois des autres élèves. Que pensez-vous de ce sondage et de ses résultats ? Etes-vous d'accord ou non avec notre étude ?
Reste 35% qui pensent que leur famille ne les influence aucunement sur ce plan. Il est cependant évident que la famille est un acteur principal dans la socialisation politique et que les amis jouent aussi un rôle important.
On peut alors penser que les jeunes ayant répondu "non" fonctionnent comme le décrit Anne Muxel, la sociologue que nous avons cité précedemment, ils n'admettent pas d'influence extérieure car cela leur apparait moins valorisant que d'avoir son opinion propre, uniquement forgée par soi-même - ce qui est pourtant impossible.
On peut aussi penser que les jeunes ayant une opinion opposée à leurs parents pensent par conséquent ne pas avoir été influencé mais ce raisonnement est également une erreur puisque leur orientation politique vient du fait qu'ils se sont opposés à celle de leurs parents.
Au regard de certains actes politiques proposés au cours d'une enquête (*), on constate que l'engagement des jeunes en politique est plutôt passif.
Ainsi beaucoup plus de jeunes auraient l'habitude de prendre un tract politique dans la rue et/ou de regarder des émissions politiques à la télévision plutôt que de se rendre à un meeting politique et de prendre la décision d'adhérer à un parti. Ces dernières actions n'engagent en effet que 10 et 8% des jeunes.
Elles présentent peu d'intérêt de la part des jeunes peut être par peur de l'engagement et préférence de la simplicité. Il se peut également que certains jeunes pensent ne pas avoir assez de connaissances sur le sujet pour s'engager pleinement, ou même ne pas avoir encore d'opinion arrêtée.
Cependant, certains jeunes s'engagent quand même, comme nous avons pu le constater après avoir questionné les différents partis sur le nombre de leurs adhérents jeunes :
Le parti de l'UMP compte 200 adhérents jeunes sur les 1200 adhérents, sur la première circonscription de Reims.
Le MJS à Reims comporte 150 adhérents dont 85% deviennent ensuite adhérents au PS.
Pour le FN, 20 à 30% des adhérents sont jeunes, nous n'avons pas pu avoir de chiffre exact.